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Opinion Africaine

Bénin : un journaliste passé à tabac par la Brigade anticriminelle (BAC) à Cotonou

6 Mai 2010 , Rédigé par APPA Publié dans #Parution-Médias.

Bénin : un journaliste passé à tabac par la Brigade anticriminelle (BAC) à Cotonou

 

Jackson Na Nyango

 

Dans la nuit de samedi à dimanche derniers (01/05/10 – 02/05/10), une patrouille de la Brigade anticriminelle (BAC), aurait molesté  Jacques Roux (Journaliste/Producteur-Africafoot) sur le parking privé du Hall des Arts à Cotonou. Ce dernier venait déposer des amis et a été interpellé par une unité de la BAC qui opérait sur les lieux.

Joint au téléphone, Jacques Roux nous a déclaré: «J’ai déposé une plainte à l’encontre de certains éléments de la Brigade anticriminelle d’Akpaka (Bénin) qui m’ont interpellé dans la nuit de samedi (01/05/2010) à dimanche (02/05/2010) sur le parking du Hall des Arts de Cotonou et qui m’ont enchainé à leur camionnette et battu. En effet, je venais déposer des amis au Hall des Arts quand je fus interpellé par des éléments de la BAC. Ils m’ont demandé mon permis de conduire et j’ai répondu que je ne l’avais pas sur moi. Ils m’ont fait sortir de la voiture, m’ont menotté sur la camionnette et passé à tabac. Frapper un homme enchainé est-il permis ? Je tentais pourtant de leur faire comprendre que mon permis de conduire se trouvait au bureau de la police nationale, suite à un autre contrôle fait par leurs collègues. Mais ils ont certainement pensé que je refusais de présenter ledit document. Je tiens tout de même à signaler que j’ai décliné mon identité et que mes papiers ne m’ont pas été demandés, ni à mes amis d’ailleurs. Je n’ai toujours pas compris jusqu’à ce jour ce qui a motivé le geste des éléments de la BAC».

Il est important de souligner que cette information remet en cause le fonctionnement intrinsèque et surtout l’intégrité de la police au Bénin. Si elle moleste et persécute la population plutôt que de la protéger, elle ne sera plus ni respectée ni crédible. La protection et la sécurité des citoyens est le fondement-même de l’existence des services de police. Si cette base essentielle disparaît, si elle est remplacée par des abus d’autorité et de pouvoir, c’est la porte ouverte aux pires débordements, d’autant plus incompréhensibles et inacceptables qu’ils émanent des représentants de l’ordre public.

Le syndicat des journalistes du Bénin a été saisi de l’affaire qui est remontée en haut lieu et les responsables de la police béninoise ont immédiatement réagi. Selon nos informations, ladite patrouille sera convoquée à des fins d’enquête par la police des polices. Nous reviendrons sur cette affaire après les conclusions qui y seront apportées et nous essayerons de nous renseigner auprès des autorités locales sur le déroulement de cette triste histoire. Pour l’heure, Jacques Roux s’en tire avec quelques ecchymoses et doit subir certains examens médicaux, car il souffre de violents maux de tête. 

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Bénin : Policier ou Gangster ?  A vous de choisir…

 

Jackson Na Nyango

 

La police de nuit, à Cotonou, devient plus dangereuse que les bandits de la capitale béninoise. Il ne fait pas bon vivre en ce moment au quartier latin d’Afrique. En effet, certains policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) sont devenus de véritables brigands. Ils vous rackettent ou vous délestent de quelques billets, tous les soirs, au sortir des bars et des boîtes de nuit. La population en a assez et beaucoup n’osent plus sortir le soir, au regard du triste tableau que les policiers affichent dans les rues de Cotonou. Les filles qui se font arrêter le soir ont davantage de chance de finir dans une chambre d’hôtel qu’en cellule, car c’est la vile méthode choisie pour certains policiers en mal de relations pour assouvir leur désir sexuel.  Ce sont des hommes sans foi ni loi, qui font mine de protéger la population, alors qu’ils pensent davantage à arrondir leurs fins de mois sur le dos des citoyens béninois et, surtout, des étrangers. Tout le monde en parle et personne ne fait rien. C’est un secret de polichinelle et le comportement de la police devrait faire honte à sa hiérarchie. Il existe ici deux catégories de policiers : ceux qui font leur métier en respectant la loi et ceux qui sont entrés dans la police par nécessité.  C’est ainsi que le chef de patrouille Assogba T. et son équipe se positionnent tous les soirs, particulièrement les week-ends, devant les grandes boîtes de nuit et surtout à la «Haie Vive», au quartier des expatriés. Toutes les voitures sont arrêtées et leurs occupants rackettés sans distinction de nationalité. Libanais, Français, Belges et même des Béninois sont obligés de passer à la caisse s’ils ne veulent pas perdre leur temps au poste de police, car tout est bon pour vous emmener au poste : outrage à agent, conduite en état d’ivresse (il faut savoir que les policiers ne sont pas munis d’alcootests), défaut de triangle de signalisation, absence de trousse médicale…Bref, vous serez fautif quoi qu’il arrive, car seule la parole de l’agent de police compte. La ville de Cotonou est encerclée par des «vautours» en uniforme qui exploitent la moindre occasion pour vous arracher un billet de banque. Bref, les recettes sont bonnes et encourageantes pour les patrouilles de nuit dans la ville de Cotonou.   

Les filles qui sortent le soir subissent un traitement de faveur à la sauce du coach Assogba T. et de ses coéquipiers. La tactique est digne d’un chef d’orchestre : toutes les filles de nationalité étrangère sont conduites vers la plage de PK6 (banlieue de Cotonou) ou dans un hôtel situé en face du commissariat central, selon les déclarations des victimes que nous avons rencontrées. Les viols se multiplient au sein de la police et de la Brigade anti-criminalité (BAC), sans que cela n’inquiète personne. Toute la ville est au courant et seuls les responsables de la police et de la BAC semblent ignorer les faits. Mais de qui se moque-t-on ? Les policiers commettraient des viols dans un hôtel situé juste en face du commissariat central en toute impunité, au nez et à la barbe de leurs supérieurs, sans que ceux-ci n’en sachent rien ? Qui pourrait croire une telle chose ? Soit ils sont totalement dénués de tout sens commun, soit tout un chacun voit midi à sa porte...Chacun a peut-être droit à sa part du gâteau…Certaines femmes ont porté plainte, sans succès, car les affaires sont étouffées par ceux qui ne veulent pas lui donner un caractère officiel. Mais qui donc a intérêt à ce que ces affaires ne soient pas révélées au grand jour ? Pour l’instant, notre enquête ne nous permet pas de définir exactement les responsabilités des uns et des autres au sein du corps de la police, mais cela ne saurait tarder, car toutes ces affaires commencent à faire tâche d’huile et surtout beaucoup de bruit. Par contre, les questions que l’on se pose en ce moment au pays très démocratique qu’est le Bénin, sont : « Que fait la Brigade Anticriminelle (BAC) dans la ville de Cotonou ? Sur quelle opération travaille cette unité qui a besoin d’une dérogation spéciale pour ses interventions? Pendant combien de temps encore les habitants de Cotonou subiront-ils les agressions des éléments de la BAC ? » Toutes ces questions ne trouvent pas encore de réponses pour l’instant, mais pour l’instant seulement !

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