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Opinion Africaine

LA SYNERGIE DES MEDIAS AU BURUNDI : UN EXEMPLE DE COOPERATION MULTI PARTENARIALE

22 Août 2010 , Rédigé par APPA Publié dans #Parution-Médias.

COMMUNIQUE DE PRESSE  (28 juillet 2010)

LA SYNERGIE DES MEDIAS AU BURUNDI : UN EXEMPLE DE COOPERATION MULTI PARTENARIALE

Fort de son succès en 2005, les médias du Burundi ont renouvelé l’expérience d’une synergie des médias dans le cadre du cycle électoral en 2010. A l’initiative de la coopération française, un Plan d’Action Commun d’Appui aux Médias (PACAM*) -réunissant l’Union Européenne, plusieurs agences des Nations Unies, DFID, SIDA, l’Ambassade de Belgique, l’Ambassade de Suisse, l’Ambassade de France, USAID- a été mis en place afin de coordonner et harmoniser toutes les initiatives en faveur des médias en période électorale.  Ainsi les professionnels des médias, les organismes de régulation (CNC), d’autorégulation (OPB), la CENI (Commission Electorale Indépendante), le Ministère en charge de l’Information, et les ONG ont conjugué leurs efforts et talents en direction des médias pour offrir  une information rigoureuse, équilibrée, répondant aux critères professionnels reconnus.

La synergie des médias du Burundi : une ampleur inégalée.  Sous l’égide de l’Association Burundaises des radiodiffuseurs, 15 radios et 2 TV auxquelles se sont ajoutées 5 publications écrites ont rassemblé leurs moyens pour une couverture exhaustive du cycle électoral. Notons que le déroulement des scrutins ne s’est pas effectué dans des conditions idéales puisque l’opposition  burundaise s’est retirée de la plupart des scrutins à l’issue des communales dont elle a contesté le résultat. Cette situation a entraîné un climat de confusion et de violence. Les médias ont su garder la « distance » face à ces évènements sans tomber dans le piège des « rumeurs » ou « partis pris ». Les citoyens, les observateurs et la classe politique dans son ensemble, ne s’y sont pas trompés et ont reconnu à la synergie des médias son rôle d’impartialité et d’apaisement des tensions.

Le rôle déterminant de la radio. L’information immédiate a été un véritable « miroir » du cycle électoral. Cogérée par l’ABR et  sous son entière responsabilité éditoriale, « la synergie des médias» a proposé des éditions communes « journaux de campagne » sur 15 radios sur 7 jours, 4 éditions en quatre langues en usage au Burundi (Kirundi, Swahili, Français et Anglais) et a couvert en journée continue, les grands scrutins. Cette synergie des médias s’est déroulée à la Maison de la Presse, au studio école du projet CERA de l’ABR venant souligner une consolidation sans précédent de l’ensemble de la profession. La rédaction commune a mobilisé en moyenne 200 journalistes, cadres et techniciens dont une centaine déployée à l’intérieur du pays. De leur coté,  la « RTNB » (TV publique) et « TV Renaissance » (TV privée) ont mis en commun leurs reportages filmés au travers d’un « pool image. La  presse écrite -regroupant « Le renouveau », « Ubumwe », « Agence Burundaise de Presse » (presse publique),  « Iwacu », « Ndongozi » (presse privée)-  s’est également engagée dans une synergie spécifique en publiant des articles communs, en Français et en Kirundi. Par ailleurs, « Mbariza Ntore », publication hebdomadaire, occupe une place de premier  choix dans 6 journaux (dont 2 « électroniques ») sur des thématiques liées au contexte politique et social du Burundi.

L’appui décisif des ONG et le renforcement des capacités de la synergie des médias. Au cours du cycle électoral l’Institut Panos Paris a apporté un appui méthodologique au travers d’une cellule de gestion avec l’ABR dans laquelle a été étroitement associée SFCG (appui logistique). Ces ONG -comme bien d’autres- ont également œuvré durant la période préélectorale (formation dans les domaines de la régulation, l’autorégulation, le perfectionnement des journalistes ainsi que de la production de synergies thématiques, d’articles et d’émissions TV). A celles déjà citées, s’ajoutent « La Benevolencia » (notamment les productions radio / presse écrite du « pool Pacam »), CERFOPAX-Chaire Unesco, NDI (débats décentralisés – co-productions émissions « Tomora »), RCN, la COSOME. Enfin, des opérateurs extérieurs de renom comme CFI et RFI sont venus également contribuer au renforcement des capacités des journalistes et techniciens de radio et de télévision.

(*)LE PACAM

(PLAN D’ACTION COMMUN D’APPUI AUX MÉDIAS)

 

LE FONCTIONNEMENT DU PACAM - Initié par la France et sa représentation diplomatique au Burundi, le Plan d’Action Commun d’Appui aux Médias est le fruit d’une mission d’experts français (RFI-CFI). Il vise à la coordination et à la rationalisation des initiatives proposées par les professionnels des médias, les ONG, les opérateurs, les bailleurs de fonds. Le PACAM, inscrit dans le document cadre du PNUD d’appui au cycle électoral au Burundi (ProDoc), fonctionne de manière collégiale, au travers de son comité de pilotage rassemblant 12 représentants des organisations professionnelles des médias, de l’instance de régulation (CNC), de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), du Ministère en charge de l’Information, des ONG et  les Bailleurs de Fonds (Coopération Internationale et PNUD). Le comité de pilotage se réunit régulièrement une à deux fois par mois.

 

LA CHARTE PACAM - La plupart des médias du Burundi ont signé le 11 février 2010, une charte élaborée au sein du PACAM (engagement de participation à la synergie, respect du code de bonne conduite, réaffirmation des principes de déontologie, d’équité et de respect du pluralisme). Cette charte a servi de référence à la synergie des médias en matière d’autorégulation.

 

L’ORIENTATION DES APPUIS DU PACAM - Le PACAM s’est défini des axes pour orienter ses actions dans un souci de complémentarité. Sur les 10 premiers mois précédant les élections, il a concentré ses efforts sur la régulation et l’autorégulation des médias et la formation afin de renforcer les capacités des instances, associations professionnelles et médias  (techniques journalistiques, « coaching » in situ, formations juridiques, connaissance des textes règlementaires et électoraux, appui au management, etc.). L’appui du PACAM s’est caractérisé par une importante production de programmes pour préparer les citoyens à comprendre les enjeux des élections. La phase la plus remarquable est celle consacrée à l’appui direct à la synergie des médias en période électorale (campagne, scrutins et post-scrutins). Elle a consisté en une coordination précise des appuis logistiques et techniques conjoncturels durant les périodes de campagne, de scrutins et après les scrutins.

 

LE FINANCEMENT

 

Estimé à plus de 2 millions de $, le financement du PACAM est assuré par des fonds bilatéraux, multilatéraux et par le « Basket-Fund » géré par le PNUD. Le PACAM a pleinement joué son rôle de coordinateur et de mobilisateur des fonds alors que les systèmes et critères de gestion varient d’un contributeur à l’autre. La coordination du PACAM n’a pas ménagé ses efforts auprès des multiples bailleurs comme le BINUB, le PNUD, l’Union Européenne, la Coopération Française, le DFID,  le SIDA (Coopération Suédoise), l’USAID, le NDI, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, etc.)

 

 

 

 

           

Pour de plus amples informations :

Robert MINANGOY – Coordinateur PACAM - : africa1minangoy@yahoo.fr

Corneille NIBARUTA – Président de l’ABR  - nicorneille@yahoo.fr

 

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